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Piotr Paziński

Portrait of Piotr Paziński

Piotr Paziński, né en 1973, est l’auteur de trois livres : une monographie au sujet d’Ulysse de James Joyce, un petit guide retraçant le parcours de Joyce à Dublin et le roman Pensjonat, publié en 2009 par la modeste maison d’édition Nisza (Pension de famille, Gallimard, 2005, pour l’édition française). Il a reçu le prix culturel décerné par la revue polonaise Polityka pour ce roman. Paziński vit à Varsovie, où il travaille comme rédacteur en chef pour la revue juive Midrash, et écrit actuellement un recueil de nouvelles.

  • EUPL Year: 
    2012
  • EUPL Country: 

Winning Book

Pensjonat (« Pension de famille », 2005)

Ce livre publié par une modeste maison d’édition a gagné une popularité considérable et a permis à l’auteur, Piotr Paziński, de remporter le prix prestigieux décerné par le magazine « Polityka ». À première vue, l’intrigue de « Pensjonat » est relativement simple, décrivant le voyage d’un jeune homme vers une pension située en dehors de Varsovie. Petit garçon, il y a souvent passé du temps avec sa grand-mère, et aujourd’hui, il va revoir des pensionnaires qui ont vieilli et qui se souviennent de lui enfant. Mais ceci n’est pas une pension ordinaire : les résidents sont des Juifs qui ont survécu à l’Holocauste. Ainsi, tout ce qui se passe en ce lieu est comme un rêve sur le passé, une invocation de fantômes, une résurrection non seulement des gens, mais aussi des évènements, des débats, et disputes idéologiques d’autrefois. Ainsi, l’intrigue apparaît simple, mais se construit en fait sur plusieurs échelles de temps et est émaillée d’anecdotes et de paraboles typiquement juives. Le passé rencontre le présent dans cet ouvrage : les personnes âgées voient le passé comme quelque chose de si proche qu’elles peuvent presque le toucher, mais leurs souvenirs sont déformés par leurs obsessions et leurs pertes de mémoire. Ils sont les derniers témoins vivant du monde des Juifs polonais d’avant-guerre, et l’auteur montre sous quelle forme cette tradition juive perdure aujourd’hui en Pologne. L’atmosphère du livre est chaleureuse et empreinte d’une douce ironie, dépeint des images sensuellement riches et, en parallèle, la diversité de l’héritage juif : d’une part, un dialogue entre plusieurs destins, et d’autre part, un débat sans fin sur les questions existentielles, l’existence ou la non-existence de Dieu, et les diverses problèmes auxquels les Juifs font face. Ce débat s’infiltre dans la vie de tous les jours de façon comique, mais est lourd de sens même lorsqu’il connaît des changements drastiques et que la plupart des personnages prenant part à ce débat sont mourants. Il est alors repris par les survivants, qui ressuscitent les morts et leur permettent ainsi de participer d’une certaine façon à la discussion.

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Excerpt

Translated by Tusia Dabrowska

We sit in silence, eyeing each other. The manager of the bed and breakfast, his office. Bed and breakfast. Big name. In the old days, they called it a “boarding house,” but “boarding house” sounds too bourgeois. Birkat haBayt, a blessing for the house, written on a decorative card above the bureau: “Let joy and peace reign in this house.” It wasn’t here before. It’s here in place of Isaac Leib Peretz[1]. Or maybe Sholem Aleichem[2]? Serious faces. The giants, classics of Yiddish literature—taken up to the mezzanine.

“Let’s go eat,” he invites me. “Supper is waiting. The others have already finished; it is fairly late. They prefer to eat an hour earlier, at six, so they rest before the evening news. Seven thirty, the holy hour. If some rabbi held a prayer, he would have a hefty crowd. Just that they prefer to sit in front of a television—that kind of prayer, at least nobody is nagging the Lord. Anyway, we even had a rabbi here, years ago. He came from America. He met with us, and let me tell you, they didn’t want to hear him. What do they care about a rabbi? Everyone here fancies themselves a rabbi. And women rebbetzin. But is that even a problem? In their generation? Though they have forgotten, so much time has passed. Since we installed the television sets in rooms, they come out only for meals—or not even that. The common room is a thing of the past.”

The common room, with its artless fresco, is located right behind the dining hall. Once it seemed to me a ballroom; that’s what I used to call it. Separated by heavy, arched doors—crystal framed in wood. Hard to peek in, sacral dusk permeated the inside. The most mysterious place in the house. Only for adults, but I was allowed to watch the bedtime children’s program before the evening news. A color television set showing a snow pattern because no one knew how to fix it. I’m alone in the dark ballroom until, next to me, in a neatly covered armchair, Sir Chaim whistles (…)The old days were always better. This is how the world is goes.

[1] I.L. Peretz (May 18, 1852 – 3 April 1915) —together with Sholem Aleichem, counted among the three fathers of Yiddish literature.  An author, playwright and Yiddish language literature activist, Peretz was also fluent in Polish and Hebrew.

[2] Sholem Aleichem (March 2, 1859 – May 13, 1916)—the pen name of Solomon Naumovich Rabinovich. One of the three great classical Yiddish writers, Sholem Aleichem is known to international audiences as the author of stories that formed the foundation for the musical Fiddler on the Roof.

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