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Nataša Kramberger

Portrait of Nataša Kramberger

Natasa Kramberger est née en 1983 à Maribor, la deuxième plus grande ville en Slovénie. Elle a reçu le Prix Slovène de jeunes auteurs en 2006 et son roman Nebesa v robidah a été a été nominé pour le prix Kresnik pour le meilleur roman Slovène en 2008. La même année Kramberger a gagné un concours international de nouvelles parrainé par la fondation Anna Lindh avec « A Sea of Word» et en 2009 elle a reçu le prix Young Euro Connect. Natasa Kramberger travaille comme écrivain et journaliste indépendant. Elle écrit régulièrement des articles pour des journaux slovènes et italiens, écrit des textes littéraires pour différents magazines et pour  la radio et travaille sur des scénarios pour des films documentaires. En 2009 elle a créé le collectif  « Green Central »  pour promouvoir l’écologie et l’art. Elle vit à Berlin et voyage beaucoup.

  • EUPL Year: 
    2010
  • EUPL Country: 

Winning Book

Nebesa v robidah: roman v zgodbah (Heaven in a blackberry bush: novel in stories)

L’auteur décrit son roman Nebesa v robidah comme un « roman en histoires ». Ces histoires sont formées de différents éléments et événements qui apparaissent comme des gouttes de pluie in medias res, directement au cœur de la narration, sans introduction ou explication. Le récit coule comme une rivière, parfois sauvage, parfois calme, vers différentes parties du monde. Jana, le personnage principal du récit est une jeune fille de la province Slovène qui déménage à Amsterdam pour y suivre ses études où pour gagner sa vie elle travaille comme fille au pair pour une enfant chino-néerlandaise. Jana apporte avec elle des histoires de la province Slovène des années 90, après la déclaration de l’indépendance, au milieu de la turbulente période de transition. Le deuxième personnage principal est Bepi, un pêcheur né entre les deux guerres mondiales à Latisana, en Italie, qui a perdu ses parents dans des circonstances pas claires juste avant d’aller voyager dans le monde. Parmi les nombreuses histoires de Bepi il raconte son voyage aux Etats Unis pour chercher de l’or, des poissons et des rivières sacrés, histoires de l’Asie et du Mekong et rencontres de différents personnages comme des vieilles femmes aux cheveux longs au Pérou jusqu’à son amour à Amsterdam. Bepi vit maintenant à Amsterdam, il est responsable de sa petite fille que la mère de la fillette a envoyé de l’Inde. Pour conclure cette histoire étonnante : quand Jana, Bepi et les poissons sacrés se retrouvent une après-midi à Amsterdam, les conséquences de cette rencontre seront extrêmement imprévisibles…

Cover of Nebesa v robidah: roman v zgodbah

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Excerpt

Translated by Leni Mérat

 

Au lieu d’un vélo, elle a acheté des pommes. Trois kilos, douze pommes, et ça faisait rire la vendeuse Et sa pèlerine avec. - Quand il pleut, elles sont encore meilleures. A Amsterdam à trois heures, les gouttes tombaient sur le monde et sur sa pèlerine. Les flaques grossissaient sur les ponts et sur la place du marché. Au bord du canal, des voleurs revendaient des vélos. - Bike, bike. Au lieu d’un vélo, elle a acheté des pommes. *** Son arrière-grand père était musicien de village et il jouait du cor aux baptêmes et aux enterrements. Son grand-père était croque-mort, et avant ça vendeur en redevances télé. A ceux qui ne payaient pas, et à ceux qui ne voulaient pas regarder, il scellait la télé. Avec du scotch et de la cire. Sa mère écrivait des discours funéraires. Elle les lisait habillée parfois d’un corsage noir, parfois de chaussures noires. Elle-même ne savait pas où regarder, quand le bus est arrivé et que la porte s’est ouverte. Elle a d’abord poussé son sac à dos et son sac et sa mère a dit : - Tu as de l’argent ? Au lieu de hocher la tête, elle s’est rappelé les sureaux qui étaient sur le point de fleurir. Puis Lojze est arrivé et a tout foutu en l’air. Il a demandé si elles avaient à la maison un petit godet, sa mère lui a dit d’attendre, et elle, elle regardait les sureaux, les bouleaux et la longue route, puis Lojze s’est fait engueuler par Fanika : - Qu’est ce que tu mendies encore, foutu grand-père ? Puis le chauffeur leur a mal parlé, il a dit, on y va, bon dieu, elle n’était pas même pas encore montée, elle n’avait même pas encore dit à sa mère qu’elle avait assez d’argent, même pas encore. Et encore. Et encore. Et c’était toujours comme ça. … … Mais c’est important, a dit sa mère au moment voulu, d’avoir toujours dans sa poche un kaléidoscope.

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